241078_196000730445963_4265267_o

C’est moi avec mes amis y’a longtemps !

« le Togo pour toi, c’est “un voyage d’amour !”, on m’a dit. J’ai trouvé ces mots tellement justes qu’ils m’ont inspiré un article. 

Un « voyage d’amour ». C’est exactement ça, rien d’autre  ! 

Loin d’un amour restreint, possessif, qui retient, séquestre… non il s’agit d’un amour large, ample, bien au-delà de moi…un souffle puissant qui a illuminé ma vie sur cette terre à une époque ou le gris terne l’avait envahit, ou je me débattais en vain dans un marécage nauséabond. Un voyage d’amour parce qu’il me suffit de revenir sur ses traces pour sentir soudain cette amplitude m’envahir à nouveau…

Un voyage d’amour parce que c’est là que j’ai pu donner, recevoir et ressentir cette offrande sans égal : L’amour. J’avais écrit : «  35 ans de vie sans savoir que l’amour c’était ça !” Je l’avais oubliée…et le voilà tout frais, tout pimpant qui redébarque sur ma planète…

Depuis quelque temps, retourner au Togo, revoir mes amis, les projets menés en ce temps-là me harcelait. Je n’y suis pas allée depuis 11 ans. Suite au départ de mon fils à Valenciennes, j’avais besoin de me retrouver, de retrouver mes projets à moi pour éviter de trop l’envahir, c’est un impératif  ! 

Mes amis togolais n’ont bien sûr jamais quitté mon cœur, je dirais même qu’ils m’ont suivi partout, dans tous mes choix et dans les moments les plus sombres ce sont toujours eux qui se sont réunis en moi pour m’aider à retrouver ma source. Ce sont des perles, des phares, des lumières, des lucioles… Leur valeurs, leur douceur, leur bonté et surtout, surtout leur attention exacte a touché en moi des espaces profonds et a propulsé ma vie ailleurs…

Et pourtant chaque fois que j’ai tenté d’y retourner, une force invisible m’en empêchait ! 

J’étais tétanisée par la peur. Va savoir pourquoi… j’ai cherché en vain des gens pour venir avec  moi, mais c’était peine perdue parce que dans le fond c’était mon histoire, celle de personne d’autre, mon pèlerinage à moi… Ces derniers temps où l’idée commençait vraiment à prendre corps en moi, c’était encore pire, quand je m’approchais de l’ordi pour prendre mon billet, c’était une salve sans limites de peurs qui s’abattaient sur moi et je reculais. Un jour mon fils m’a dit : “mais maman, même si tu meurs là-bas, au moins tu seras là ou tu as envie d’être” il a ajouté : “mais je ne veux pas que tu meures”…

Nelson Mandela a dit : “notre peur la plus profonde n’est pas de ne pas être à la hauteur, mais d’être puissant au-delà de toute limite, c’est notre propre lumière et non pas notre obscurité qui nous effraie le plus”

Je crois que ce qui m’arrive est de cet ordre. De quoi avais-je aussi peur si ce n’est de retrouver cette lumière en moi…cette lumière qui quand tu la touches remet en cause tout ce qui t’installait bien confortablement dans tes habitudes. Evidemment ça pulse et ça peut provoquer quelques dégâts collatéraux, mais sans elle, sans ce souffle, on meurt à petit feu, c’est aujourd’hui une évidence ! 

Et il y a quelques jours, après avoir rencontré mon grand ami togolais Jean-Paul à Paris alors que nous ne nous étions pas vus depuis 11 ans et jamais en France, j’ai transcendé, sauter sur l’ordi et payer mon vol…il faut dire quand même que la vie a redoublée d’effort pour m’envoyer des signes ces derniers temps. 

A l’instant où j’ai pris ce billet, j’ai senti instantanément la peur s’envoler et l’énergie, l’amour s’actualiser en moi. Une mise à jour quoi… L’énergie africaine est puissante, la terre mère…le volcan qui rejaillit après 11 ans de silence…j’ai cru que j’allais embrasser les Togolais de l’ambassade dans laquelle je me suis rendue pour demander mon visa. Je me suis retenue…

J’aime. J’aime ce pouvoir transcendant de l’être humain. Quand tu regardes derrière, tu te demandes comment tu as pu enterrer une si belle énergie ! Pas prête. Sans doute encore besoin de me contorsionner dans des espaces peu envieux, de redescendre vers des terres arides pour comprendre, nettoyer…

Merci ! 

Merci à tous ceux qui de près ou de loin ont contribué à ce que j’arrive à prendre ce billet pour le Togo. Mes amis togolais, Jean Paul à Paris, Désiré à Lomé, Marion, une jeune femme qui m’a témoigné de son retour sur la terre africaine après quelques années d’absences et tout ceux qui me répètent depuis des années d’y retourner…Merciiiiiiiiiiiiiiiiiii 

Publicités