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Si j’avais évité ce mec… si j’étais resté à Paris… si je n’avais pas réagi comme ça…bref, autant de choix non acceptés dans notre vie qui finalement nous envoie le message que nous sommes de mauvaises personnes incapable de faire des choix corrects ! 

Et ben dans mon cas, si j’avais évité ce mec, même si l’histoire à été plutôt rude, je n’aurais pas eu mon fils. Celui-là, pas un autre, celui que j’aime si fort depuis si longtemps et qui m’a tant appris ! Et si je n’avais pas quitté Paris, et bien, j’en sais rien, mais je m’imagine toujours dans mon HLM rêvant d’une autre vie loin de la pollution et du stress de la capitale. Je n’aurais pas rencontré la lumière du sud et tous ces nouveaux amis, j’aurais sans doute flippé toute l’adolescence de mon fils. Et y’aurait eu aussi des expériences positives, mais dans tous les cas, j’ai fait ce choix parce que j’avais besoin de le faire à ce moment-là et j’ose maintenant dire que je l’assume ! 

Suite à l’article de Marie et à un échange avec un ami, j’ai un peu creusé l’affaire…

Quand j’ai lu l’article de Marie, je me souviens m’être sentie perdue pour commenter. Est-ce que j’assume ou pas ? C’est quoi « assumer » ? J’ai tout de suite imaginé ces gens sûrs d’eux, qui d’un ton affirmatif crient haut et fort : «  moi j’assume ! » et y’a quelque chose qui ne me plait pas dans ce « j’assume ! ». Tu « assumes » quoi exactement ? C’est peut-être le ton ou le sentiment que cette personne se ment à elle-même, je n’en sais rien…c’est comme « moi , j’ai pas peur de mourir », j’ai envie de dire « menteur ! »… 

Je crois que peu de gens entendent la profondeur de ce qu’ils disent…donc pour moi, c’était un peu flou, tout ça ! 

Puis peu à peu, après lectures et discussions avec un ami qui justement regrettait un choix et semblait souffrir de faire tout le temps le mauvais choix que j’ai fait le lien entre assumer, accepter et se réconcilier avec soi-même. Et soudain, j’ai ressenti toute l’importance en effet d’assumer et donc d’accepter nos choix, mais pas sans avoir auparavant approfondit un peu le truc en soi-même. Lorsque je fais un choix, quel qu’il soit, j’aime à penser aujourd’hui que c’est celui que je devais faire … Je me souviens de ma prof de Qi Quong, Laure, qui tandis que je lui exprimais mes doutes sur le fait d’être venue vivre à Perpignan par rapport à mon fils, à son père, bref toute une histoire, m’avait dit : «  mais non, si tu es là, c’est que tu as fait le choix que tu devais faire, c’est ton chemin ». Cette position m’avait à l’époque percutée… ce point de vue qui sous-entend que tous nos choix sont bons ( ou ni bons, ni mauvais ) parce qu’ils ont un sens, m’apaise. Bon, c’est pas toujours facile quand les conséquences de nos choix sont durs à vivre, quand les autres, nos proches, n’approuvent pas ces choix, mais même dans ce cas il semblerait qu’un sens se cache et que notre tâche est de le trouver… un peu comme un jeu, où il faudrait trouver la sortie ou la bonne porte parmi plusieurs possibles. La porte du sens…

J’aime cette philosophie qui calme les angoisses, nous renvoie vers nous-même et non vers le reproche aux autres et place notre regard sur un autre versant que celui du doute et surtout du « je suis nulle, je fais toujours les mauvais choix ou c’est de la faute à machin… » qui nous mène directement dans la noirceur, le non-sens, l’impasse…

J’ai remarqué que quand on cherche, on trouve toujours ce qui sur ce chemin que l’on a choisi à du sens. Certes, il faut creuser un peu, c’est pas instantané, pas du tout cuit dans le bec ! Une sorte de coloriage magique qui se dévoile peu à peu…mais avec le temps, le sens se dessine, il apparait et là soudain le regard change et ce qui n’était qu’un imbroglio moche et sans âme devient le nectar de nous même. Le puzzle se reconstitue et tout fait sens… Ce sont des expériences souvent inoubliables. Bien sûr, ce regard nous demande un peu de distance, de prendre en compte les contextes et souvent de voir plus grand, plus large, plus loin que ce seul choix qui nous gène, de l’intégrer dans un moment, une étape de vie plus globale. 

Donc finalement si l’on accepte ce nouveau regard, ça vaut vraiment le coup de faire un petit flash-back de sa vie et de reconsidérer ainsi toutes ces choses, ces évènements que nous avons un jour jugés, niés, relégués aux oubliettes au fin fond de nous même… C’est très profond, c’est comme une réconciliation avec notre vie. Je ne crois pas que l’on puisse se sentir vraiment bien quand on laisse pourrir des bouts de vie dans un coin. Ces «  îlots » nous maintiennent dans des frustrations, des regrets, de la culpabilité, des images dégradées de nous-mêmes…certes parfois on s’en veut, on à pas vu les signes, pas écouté les amis qui nous mettaient en garde etc., mais en réalité, on à juste fait ce que l’on pouvait faire à ce moment-là et surtout ce que nous avions besoin de faire pour avancer. Tout un programme d’apprentissage de la sagesse, sensible, qui va au-delà du rentable, du visible et aussi du bon gros ou gras  » moi j’assume !  » du début de l’article… 

Je me demande même s’il ne s’agit pas même de les remercier ces choix !

Qu’en pensez-vous ? Quelle est votre expérience à ce sujet ? 

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