Zone-de-confort

Cette semaine fut particulièrement dense en découvertes et en dépassement de moi.

Cette semaine, j’ai pour la première fois chanté seule au micro et avec la bande-son ( ce qui n’est pas anodin puisqu’il faut être dans les temps ) à ma chorale. 5 ans que je cherche à échapper aux moments où l’on s’expose devant tout le monde. Pourquoi ? Parce que j’ai peur. Peur de moi, peur des autres… manque de confiance… bref comme tout le monde ou presque !

Et là, j’ai décidé de me lancer la première, na ! Mon fils me dit tout le temps que lui quand il doit parler devant tout le monde, il y va en premier pour éviter le stress de l’attente. je l’ai écouté et, oh miracle, j’ai même pas tremblé…

« La bombe humaine » de téléphone. J’adore !

C’était un moment de grâce. Pas uniquement pour moi, mais pour toutes celles que j’ai inspiré en leur racontant mes 5 années à essayer d’échapper au solo : «  alors si moi je peux le faire, toi aussi ! ». J’ai adoré vibrer avec les autres, me sentir avec eux chanter pour la première fois seule, tremblotant(e)s… J’ai adoré sentir leur zone de confort se fissurer et leur bonheur de l’avoir fait après…

Dans un autre registre, cette semaine, j’ai causé pendant quasiment 1 heure avec une éditrice pour la première fois de ma vie et j’ai kiffé ce moment même si elle ne voulait pas publier mon bouquin. Hélène des éditions Séramis. Marie m’avait conseillé d’envoyer mon manuscrit dans cette maison d’édition. Lundi, j’ai eu la surprise de recevoir une réponse comme je n’en avais pas reçu depuis longtemps : «  votre manuscrit ne correspond pas à notre ligne éditoriale ». Par mail cette fois. Même pas le joli papier, la jolie phrase bien tournée… J’avoue, j’ai toute l’histoire avec ce manuscrit qui est remontée… J’étais en colère…

La fameuse ligne éditoriale… Bien droite, bien sèche, pointue… Celle qui te pique, te réduit en poussière… Comment ça un éditeur de récit de vie féminine qui me dit que mon récit de vie ne correspond pas à « la ligne éditoriale »… Si c’est le cas, alors il n’entrera jamais dans aucune ligne éditoriale… c’est mon truc, ma voix/voie, les récits de vie… Et puis ça prend 5 minutes de préciser un peu le commentaire, d’ajouter quelques qualités qui t’encouragent, te donnent envie de continuer, mais bien sur, nous ne sommes pas dans un monde bienveillant, j’avais oublié…

J’ai répondu que j’aurais apprécié une réponse plus fournie, que la «  ligne éditoriale était frustrante ». Elle m’a dit que je pouvais l’appeler. Là, je reconnais que ma colère est retombée illico ! Dans ce cas, c’est différent, si elle prend le temps de me parler, ça change tout !

Je n’étais pas rassurée, mais je ne pouvais pas rater ça ! Alors bien sûr, elle m’a expliqué pourquoi mon manuscrit ne correspondait pas : la forme, mon univers poétique et particulier… elle veut des récits d’expériences de vie directe, qui se comprenne à la première lecture, pas des délires poético – philosophico- fantastique comme je sais si bien le faire ! J’ai bien compris. Pas littéraire, plutôt développement perso, témoignage ! Ca veut dire que le mien il est littéraire. Et bien tant mieux !
Je n’ai rien contre les témoignages, les récits ou même les romans pas forcément très littéraire mais avec une belle histoire, rien du tout, au contraire, mais quand je lis Christian Bobin ou Timothée de Fontebelle par exemple, c’est une tout autre expérience que je vis…
C’est… comment dire, l’art, la beauté des mots et leur mariage qui me porte et ça fait comme des étincelles dans mon cerveau, comme de petites lumières qui s’allument soudain… C’est autre chose !

Je ne changerais de toute façon pas une virgule à mon manuscrit, je n’y arrive pas ! Sauf peut-être si un éditeur me guidait dans cette démarche, mais ce n’est pas gagné ! Il semble que mon écriture soit réservée à un public restreint… Pourtant, chaque fois que je publie un extrait, vous le trouvez magnifique, donc vous êtes sans doute un « public restreint » mais ce qui est sur c’est je ne vais pas vendre mon âme au diable pour être publié. C’est la forme même de mon récit de vie qui m’a aidé à survivre, ce sont les métaphores, les images poétiques, qui ont eu raison de mon envie de mourir, qui ont transcendé ma souffrance, c’est la beauté des mots qui m’a reconstruite… Donc je ne vais sûrement pas renier ça !

Mais au-delà de notre conversation sur mon manuscrit, nous avons aussi parlé biographie et là j’ai des choses à dire, d’autres histoires dans mes tiroirs, ce fut un vrai plaisir d’échanger avec Hélène et surtout, surtout, j’ai eu envie de continuer à l’envoyer ailleurs ce manuscrit…

 

Et votre zone de confort, vous en êtes où ?

 

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