maxresdefault

Y’a les fantômes du passé qui me pourchassent ! je vous explique.

L’an dernier j’ai candidaté à un Master des métiers de l’écriture à Toulouse. Je n’ai pas pris la mesure de la difficulté. En fait, un peu plus de 100 demandes pour 20 places. J’ai pas été sélectionné. Pourtant, j’avais choisi mes meilleurs textes, j’avais mis le paquet… Dans mon malheur, j’ai eu la chance après une erreur de la part de la responsable de pouvoir échanger avec elle et elle m’a conseillé de me représenter en me disant que ma place était avec eux… waouh… c’est pas mal déjà, mais ça ressemble fort à ces lettres de refus de manuscrit que j’ai reçu à plusieurs reprises ou l’on m’encourageait, mais bon ailleurs…
En fait, j’ai pris conscience que dans le domaine de l’écriture (et ailleurs ), je suis toujours à la limite, au bord, et ça me fatigue ! On me dit « tu écris bien, mais… ». Mais quoi ? Et bien après réflexion je crois que c’est « mais, je manque de confiance en moi » et ça se ressent d’une manière ou d’une autre… J’y crois pas vraiment, je me dévalorise !

C’est un rêve, un défi pour moi de reprendre mes études à mon âge pour faire enfin ce que j’aime sachant que mon parcours d’études a été quelque peu chaotique. C’est l’occasion de sortir de cette dévalorisation liée à mon adolescence infernale et fragile avec une mère dépressive, et un père absent. A quoi bon faire des études quand ceux que tu vois et sont censés être ton modèle sont en vrac ? Je vous livre ce que j’ai écrit à ce sujet il y a déjà un bon moment :

« J’avais entre quatorze et dix-neuf ans et c’est emmitouflée dans un gant de crin que j’abordais cette escalade périlleuse.Terminées les études. Echec. A quoi bon ! Mes rêves de grandeur, mes rêves artistiques venaient de rejoindre les oubliettes du château. Ils étaient déjà secs. Devant, tout résistait, j’avais raté les marches sur lesquelles j’essaye d’avancer aujourd’hui. La beauté avait chuté dans le magma bouillonnant du “no futur”… Impossible de grimper par cet escalier miné qui sans aucun doute me conduirait sur les mêmes plateaux ingrats que ceux investis par ma mère. Rien… Il n’y avait rien devant ! Juste ce « non » qui clignotait comme mille sirènes de voiture de police à la poursuite d’un dangereux malfaiteur. Ce « non » plus que tout voulait se dire, s’écrire sur cet immense mur de la vie qui s’élevait face à moi. Ce « non » à la femme dépouillée d’elle-même qui gisait tout là-haut dans le miroir du futur. Ce « non » qui, je le comprends ce soir, porte en lui tout le sens de cet écrit »

Vous voyez l’affaire, pas simple !

Mais, j’ai fait un bon bout de chemin depuis en me hissant à Bac + 3, alors que je n’avais rien… et en devenant biographe. Pourtant, je veux aller plus loin, gommer l’histoire sombre, me prouver à moi-même que je suis capable. Je veux apprendre et entrer dans le monde de l’écrit, ouvrir portes et fenêtres en grand et voir ce que je peux donner… C’est ma priorité ! Et je n’ai plus trop de temps… Biographies, Blog, je veux pousser plus loin et arriver à en vivre (ce n’est pas vraiment le cas aujourd’hui)

Et j’observe que cette année en me penchant à nouveau sur le dossier de sélection pour le Master qui est assez conséquent, j’ai plein de pensées polluantes qui m’obsèdent. Les fantômes du passé me harcèlent !

  • Mais c’est à 200 bornes de chez toi et même si tu as des amis à Toulouse, tu ne peux pas les envahir et si tu dois payer pour être hébergé, ça va devenir dur, dur… Et puis tous ces allers et retours chaque semaine vont t’épuiser.
  • Le niveau est trop haut pour toi, ils ne prennent que les meilleurs et tu vas te trouver avec des jeunes (moi qui ne suis plus jeune) et tu ne suivras pas !
  • Tu n’auras pas l’énergie de faire le travail en plus qui te sera demandé.
  • Et comment vas-tu faire pour continuer à t’occuper du petit/grand qui sera probablement à Paris pour commencer une école d’ingé tandis que toi tu courras dans tous les sens entre Toulouse, Paris et Perpignan ? Fini les petits plats « bio » de maman, bonjour la « malbouffe » et l’éloignement.
  • Et lolo (lolo c’est le fidèle compagnon) que va-t-il faire tout seul à Perpignan en t’attendant ?

Ouais, je sais c’est nul ! Ils se jettent sur moi ces fantômes, ils s’agrippent de partout, me collent à la peau… Et je me dis dans ces conditions, c’est « mort », il va encore y avoir un problème et je ne serais pas prise, puisque dans le fond, y’a tous ces empêchements qui me collent aux basques et qui me tirent en arrière ou plutôt au fond…

Et tout ça, c’est irrationnel !

Que faire ? je me suis dit que la première chose était déjà de les nommer ces fantômes, clairement, au lieu de les laisser gesticuler tranquillement sans vraiment savoir qui ils sont et ce qu’ils veulent. Là, ils sont repérés… ils ne peuvent plus se cacher. Ensuite, ben je ne sais pas trop… peut-être les repousser en plaçant devant chacun d’eux un petit ange qui balancera un argument contraire…

  • Ok, c’est à 200 bornes, bon, c’est pas si loin… 2 heures en blablacar . Oui, ça va peut- être me fatiguer un peu, mais en même temps je vais rencontrer plein de gens durant ces voyages et puis j’aime bouger, j’ai même la bougeotte. Bon ces dernières années étaient plutôt tranquilles, en freelance cool. Il faudra que je me réhabitue à un rythme un peu plus chaud, mais ça doit quand même être faisable non ?
  • Le niveau. Je sais que la sélection est terrible par manque de places. Donc comme il demande d’écrire une nouvelle et éventuellement de joindre des extraits de travaux réalisés, on se retrouve avec des gens qui écrivent bien, voire très bien. En même temps, c’est un défi, si je n’y arrive pas, je me casse, c’est tout
  • La même chose pour le temps des « devoirs ». J’essaye, si je n’y arrive pas, ben tant pis, je lâche ! (Mum… c’est pas un peu défaitiste ça ?). Je n’ai pas absolument besoin de ce diplôme, je veux surtout me former et faire basculer mon histoire ailleurs, du côté pile, et prendre contact avec ce monde de l’écriture. Si je l’ai, je serais fière et heureuse, mais sinon, ça ne changera pas grand-chose.
  • Mon petit grand qui fait ses études et qui veut remonter à Paris. Ben, il est grand plus que petit et y’a que moi qui ai peur, lui nom !
  • Et le Lolo, ben il se débrouillera.

Na ! vous croyez que ça suffit pour éloigner les fantômes ?

lever-de-soleil-espace_74364_wide

Publicités