J’étais en compagnie d’amis toulousains la semaine dernière. Parmi eux, se trouvait Adama. Adama est Nigérienne. Elle vient d’un village, Tanout, au Niger à 1200km de la capitale Niamey. Autant dire, le désert ou presque…

Elle nous racontait que son fils Noam venait de se renverser une tisane bouillante sur lui quand son père l’a appelé au téléphone du Niger. Ils s’appellent souvent, elle lui raconte la vie de sa famille loin, très loin, en France… Ce jour-là, Adama s’apprêtait à lui raconter la brulure de son fils quand elle capte le désarroi de son père qui lui explique que le 4ème et dernier enfant de sa sœur vient de mourir… La voix d’Adama tremble un peu et l’on sent l’émotion poindre… Je lui demande de quoi cet enfant est mort ? Elle me répond que lors de son dernier voyage là-bas, elle a vu les enfants avec de gros ventres et des jambes toutes fines. Pour elle, les enfants de sa soeur comme beaucoup d’autres meurent de malnutrition. Oui, vous avez bien lu, de malnutrition à notre époque ! Elle nous raconte que c’est une région très reculée où personne ne s’aventure. On ne croise ni ONG, ni personne… Parfois quelques imposteurs qui sous prétexte de projets humanitaires peu clairs viennent embrouiller les habitants et leur soutirer le peu qu’ils ont. Tout est aride, l’eau est rare et souvent sale… et quand ils réussissent à planter quelque chose, il suffit d’une intempérie quelconque pour que le peu de récolte possible soit ravagé… Elle nous raconte que les enfants doivent lutter pour survivre jusqu’a 10 ans, après ça va mieux, mais combien meurent avant ? Elle a même ajouté qu’elle pensait que les enfants de sa soeur était mieux là où ils sont maintenant car pour elle, la vie d’un enfant là-bas est trop dure. C’est fort !

C’est de là que vient Adama. Elle est restée dans ce village jusqu’à ses 5 ans, c’est là que vivent encore son père et sa famille. Aujourd’hui, elle est en France impuissante, révoltée, désemparée face à ce désastre humain !

Moi, j’ai écouté Adama raconter son histoire… c’était dur, dur… je sentais l’injustice profonde m’envahir… tout à coup, ce n’était pas aux infos, à la télé, mais là juste à côté… j’avais l’impression de voir son papa avec nous… je sentais la présence de tout ce village… Il faut dire que je connais bien l’Afrique, j’y suis allée de nombreuses fois et je ressens un attachement particulier pour ce continent. En fait pour moi, c’est insupportable, il faut faire quelque chose me suis-je exclamée ! Tout existe, les scientifiques ont trouvé comment planter même dans le désert, comment faire venir l’eau, comment nourrir les gens, mais là il n’y a personne. Ces gens-là n’intéressent personne. Par contre autour des puits de pétrole pas loin, là on exploite, on creuse, on s’agite, on fait du fric… mais juste à côté les enfants meurent dans l’anonymat le plus total… Je ne suis pas étonnée, des situations comme celle là existent partout dans le monde, mais le jour où je ne serais plus scandalisée et révoltée, ça sera vraiment grave ! On ne va quand même pas s’habituer à ça !

Adama voudrait agir, elle voudrait que tout le monde sache et que tous ceux qui ont des idées lui transmettent. Elle voudrait constituer une petite équipe de personnes qui pourrait l’aider à aider… Comment ? elle ne sait pas trop pour l’instant, car elle se sent seule et si loin des siens…

La première chose que je lui ai promise est de vous faire partager son histoire et son appel à l’aide, c’est le minimum ! Alors n’hésitez pas si vous avez des idées à la contacter, à lui témoigner votre soutien, à relayer son histoire, à transmettre….

adamaali2005@yahoo.fr

Merci pour elle, sa famille, son village…

 

 

 

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