Je rentre de Toulouse. Ca recommence… la rentrée… la séparation… et la gargouillade dans mon estomac…

Je vous explique. J’ai un fils de 19 ans parti faire ses études à Toulouse l’an dernier. Quand nous avons démangé à Perpignan depuis Paris, je n’ai pas pensé à ce phénomène fréquent par ici : les enfants partent après le bac… ben oui y’a une fac ! Mais y’a pas ce qu’ils veulent… c’est petit… gnin, gnin, gnin… en tout cas, ils partent à 18 ans !

Je ne sais pas comment le vivent les autres mamans, mais pour moi, c’est, disons pour rester légère, tristounet. Oui, je suis fière qu’il fasse des études, qu’il ose affronter le monde sans moi… qu’il soit devenu un beau jeune homme sensible et intelligent mais dans mon coeur y’a un trou qui parfois fait du bruit… c’est comme ça !

Certes, la seconde rentrée est plus douce que la première mais de retour chez moi, ça cogne un peu quand même.

L’an dernier, au début, ça passait bien, j’étais même étonnée… puis 2 mois plus tard, je crois que j’ai commencé à prendre conscience que ça allait durer… les week-ends tous les 15 jours qui passent si vite et pendant lesquelles on ne sait plus comment être ou ne pas être… laver le linge, préparer quelques plats, se dire trois mots et c’est finit le train repart… Les repères ne sont plus les mêmes et il faut réapprendre à trouver d’autres marques, à lâcher…

Pour vous dire, je me suis lancée dans une méditation quotidienne, j’y reviendrais dans un autre article…

Non je suis pas quelqu’un qui ne bouge pas, bien au contraire, j’ai la bougeotte, le besoin de toujours être ailleurs, en voyage… des amis partout… la chorale, le QI qong… mon métier de biographe que j’aime, mais on ne remplace pas si facilement la présence d’un enfant puis d’un ado auprès duquel j’ai tant appris…

Lui et moi, on a grandi ensemble. Un véritable travail à plein temps ou presque son éducation, une remise en question et une recherche permanente de faire mieux… même si bien sûr, rien n’a été parfait, je suis assez fière : j’ai donné et partagé le meilleur jusqu’alors et j’ai reçu beaucoup !
Et ça continue… ce qui arrive fait d’ailleurs partie de cet apprentissage. En partant, il me donne l’occasion de remettre à plat ma vie, de trouver ma nouvelle étape et faire évoluer ma relation avec lui.

Rien n’a voir avec lui ce trou dans mon coeur… c’est moi et moi… ma vie, mon histoire dans une famille fragile, mon sentiment d’abandon qui me colle aux basques mêmes si avec le temps j’ai appris à l’apprivoiser…
Mon fils, lui, il commence à construire la sienne de vie, il apprend, il s’éloigne pour mieux découvrir par lui même… Et il n’a pas de problème avec son autonomie ou presque, c’est moi qui en ai avec la mienne… la belle affaire !

En terminal, parfois je me disais qu’en fait c’était bien qu’il parte. Les explosions d’hormones associées à mes propres humeurs commençaient à créer de l’orage dans l’air… je me disais que c’était l’âge, qu’on serait mieux ensemble avec cette distance, que c’était plus sain… patati, patata. J’avais sans doute raison mais c’était facile, il était encore là !

Aujourd’hui, je cherche, je cherche la juste distance… je sais au fond de moi que c’est la vie, que j’ai besoin d’apprendre à trouver une nouvelle énergie, un nouveau sens, à lâcher… loin de moi l’idée de le retenir, elle serait contraire à toutes mes convictions. Mais ça gargouille dans mon ventre !

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