Visa pour l’image, le festival international de photo journalisme à Perpignan

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Chaque année, nous retrouvons Visa pour l’image à Perpignan. A quelques exceptions près, c’est l’horreur dans le boitier !

Ce sont des photographes, journalistes du monde entier, qui exposent leurs clichés d’actualité dans des lieux que l’on a peu l’occasion de visiter à Perpignan comme le couvent des minimes, celui des Dominicains, etc. De beaux lieux…

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Aujourd’hui, je sais, et je me prépare, mais la première année j’y suis allée légère…

C’est encore l’été, le ciel est bleu de chez bleu, terrasses pleines, visiteurs en sandales et jolies robes à fleurs… bref, l’idée plutôt agréable d’aller voir des expos photos dans une ville du sud. Et puis tu entres… Au couvent des minimes d’abord, car c’est le lieu où il y a le plus d’expos. Toujours léger en mode vacances, tu lis la présentation de l’expo et tu te déplaces au fil des clichés en suivant ton voisin… une expo, deux expos…

Peu à peu, tu te sens de plus en plus étrange et autour de toi, tu observes les gens défiler devant les photos, silencieux, concentrés voire repliés, un recueillement…. Au bout de 3 ou 4 expos, la nausée commence à monter… certes les photos sont belles, extraordinaires même mais on ne sait plus bien où donner de la tête. L’art de la photo ou le thème qu’elle aborde ? Moi et ma sensibilité on ne peut pas en rester à la qualité de l’image. Je suis emportée par le courant de l’actualité… Le soleil, les sandales et les robes à fleurs disparaissent de ma vue au profit des injustices qui accablent notre monde et me tordent les boyaux.

Les migrants, eh oui, forcément, ils sont si nombreux et c’est une telle catastrophe…  Et le photographe Aris Messinis, un grec qui vient de remporter samedi le Visa d’or raconte qu’il ne peut pas s’empêcher de lâcher son appareil pour porter secours, aider, tandis que ses collègues le regardent bizarrement. Puis la nouvelle drogue en Argentine qui ravage la jeunesse, le Paco, les conflits ethniques dans le sud Soudan, les asiles psychiatriques en Russie et le braconnage des éléphants en Afrique pour l’ivoire et le financement des conflits armés.

Parfois un tout petit moment de répit, une expo moins dure, un enfant qui sourit, un mariage en Ukraine où le marié est en queue-de-pie avec un short, les familles kurdes qui pique-nique a quelques encablures des lignes de front…

Et ça redémarre…

C’est ça visa pour l’image !

Et tu finis au café en plein air, l’oeil livide, le coeur en vrac…

C’est vrai, ils ont du courage ces photographes, ils témoignent…Oui, il faut montrer, dénoncer, s’exprimer, pour que l’homme et le monde réagissent, mais je me demande parfois si ‘on ne pourrait pas consacrer au moins une partie des expos à ce que l’homme fait de bien… Un peu comme dans le film « demain » (vous l’avez vue j’espère)… aux avancés, aux progrès, à la vie qui gagne face à la mort…

J’y retourne pourtant chaque année mais maintenant j’y vais en conscience et j’essaye d’aiguiser mon regard vers les marques de solidarité, les situations sociales qui se dénouent, vers un peu plus de positif et de légèreté….on en a tant besoin en ce moment !

Eh, messieurs les photographes de l’actualité, c’est aussi ça l’actualité, les milles et unes initiatives partout d’anonymes qui s’engagent pour un monde meilleur…

 

 

 

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